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Pêche au silure

La pêche du silure du bord ou en embarcation.

1. Techniques de pêche au silure du bord

  • La pêche au posé en poste fixe ou partiellement itinérante

Elle est très simple à mettre en œuvre.
Il suffit de lancer son montage avec la canne sur la zone de pêche souhaitée et de le laisser son plomb se déposer sur le fond et ainsi maintenir son appât sur place, décollé ou posé sur le fond.
Les montages peuvent être constitués de nombreuses façons différentes adaptés aux caractéristiques du poste de pêche (intensité du courant, nature du substrat, encombrement, distance de lancer,…), mais aussi aux appâts utilisés qui peuvent être d’une grande diversité (poissons vifs ou morts, vers, tripes, moules, bouillettes, pellets,…).
La possibilité de se déplacer d’un poste à l’autre est tout à fait envisageable avec cette technique, à condition de ne pas partir avec toute une batterie de cannes.
En général je n’en utilise qu’une, deux maximum.
Cela permet de faire différentes propositions de montages et d’appâts aux silures sur le même secteur.
Mais attention, placez toujours les cannes assez proches l’une de l’autre sur la berge, afin de pouvoir les gérer en cas de départs simultanés.

  • La pêche au flotteur submergé

C’est une technique de pêche au posé, permettant de présenter l’appât (vif, mort, vers,…) décollé du fond à l’aide d’un flotteur monté sur le bas de ligne à quelques centimètres devant l’appât.
Le choix du poste de pêche pour cette technique est très important.
Pour qu’il soit bien présenté, il convient qu’il y ait un courant permettant d’appuyer sur le bas de ligne et donc sur le flotteur submergé, afin de tendre l’ensemble dans l’axe du corps de ligne, évitant l’emmêlage du montage.
Bien qu’il soit possible de le lancer du bord, selon les caractéristiques du montage utilisé (poids de l’ensemble, distance de lancer, nature de l’appât), il est vivement conseillé d’utiliser une embarcation pour le déposer.
En effet, étant donné que la ligne sera soumise au courant, il convient de la lester fortement.
L’emploi d’une pierre de plusieurs kilos, attachée par un brin cassant devant le bas de ligne fait très bien l’affaire.
La dépose du montage est alors très précise même à grande distance et permet de proposer ses appâts aux silures sur des postes de pêche inexploitables à l’aide d’autres techniques.

  • La pêche à la bouée

Elle se réalise en poste fixe et nécessite une préparation de la zone de pêche au préalable.
En effet, la bouée est un corps flottant ancré sur le fond, qu’il faut installer à proximité de la zone de pêche choisie.
Déposée à l’aide d’une embarcation, elle servira de support pour y accrocher un brin cassant qui reliera ensuite notre ligne de pêche.

Une fois le montage apprêté d’un vif, si possible de grosse taille (+ d’1kg), il sera transporté avec l’embarcation jusqu’à la bouée et relié à celle-ci par le cassant.
Cette opération terminée et la canne à pêche installée sur son support en position verticale, il ne restera plus qu’à tendre la ligne avec le moulinet, jusqu’à la limite de rupture du brin cassant.
Ainsi la ligne mise en tension sera tenue hors de l’eau jusqu’à la bouée et ne sera pas soumise à la pression du courant et ne ramassera pas les différents débris transportés par l’eau (herbes, algues, branches,…) et ce, même à grande distance.
Lors de l’attaque du silure sur le vif, le brin cassant jouera son rôle et cèdera, libérant la ligne avec le silure à son extrémité.
Bien qu’il arrive de faire des petits silures (-1,50m), cette technique reste très intéressante pour calibrer les beaux sujets en leurs proposant de grosses bouchées, souvent des poissons de 2m et plus.
Je me souviens d’une sortie de pêche à la bouée mémorable qui m’a permis la capture de plusieurs silures dont les plus beaux mesuraient 2.06m, 2.28m, 2.32m et un de 2.42m, qui se trouve être mon record sur cette technique.

  • La pêche au lancer

Technique de pêche la plus polyvalente et itinérante de toutes.
Elle permet ainsi de couvrir de vastes parcours et d’utiliser de nombreux montages adaptés aux secteurs de pêche rencontrés durant sa progression de poste en poste.
Les leurres que j’utilise le plus dans ce cas sont des cuillères tournantes et ondulantes, des leurres souples de type shad ou grub montés sur des têtes plombées et/ou hameçon texan, des poissons nageurs de type crankbait, jerkbait, swimbait et lipless.
Il m’arrive même, lorsque l’occasion se présente, d’utiliser des leurres de surface, je peux vous garantir que lorsqu’un silure attaque dessus, les sensations ressenties sont indescriptibles, il faut le vivre.
Bien sûr, la pêche aux appâts naturels comme au manié (poisson ou ver), ou encore à la tirette ne sont pas à mettre de côté.

Nous aurons donc le plaisir de partager ensemble ces techniques de pêche lors de nos futures sorties au silure du bord.

2. La pêche du silure en embarcation

Pour une bonne pratique l’utilisation d’un échosondeur est vivement conseillée.
En effet, la visualisation de son leurre ou appât sur l’écran lors de techniques de pêche verticales, permet d’ajuster celui-ci à la bonne profondeur en suivant les reliefs du fond.
Cela permet également lorsqu’un silure est repéré sur l’écran de l’échosondeur à un niveau différent de notre montage, de régler très rapidement celui-ci au même palier, afin de lui proposer juste devant le nez.
En général, soit le poisson décline notre proposition ou alors une attaque survient dans les premières secondes où notre montage arrive à son niveau.
Les techniques de pêche que j’utilise le plus lorsque je suis au silure en embarcation et que je serai amené à vous faire pratiquer sont celles-ci:

 

  • La pêche en verticale aux leurres souples

Elle consiste à prospecter lentement mais avec une grande précision le relief du fond et/ou toutes les couches d’eaux où peut se tenir les silures.
On la pratique en déplaçant doucement l’embarcation afin de faire nager son leurre par la simple force du courant alors exercé dessus, dans ce cas son animation n’est pas obligatoire bien que celle dite en “dent de scie“ amplifie nettement les ondes produites du leurre, le rendant plus détectable par nos amis silures.
Je l’utilise principalement sur des secteurs que je connais, où la présence de silure est avérée.
Le grammage est très important pour cette technique, il faut l’adapter à la profondeur, au courant et bien sur à sa vitesse de prospection.
Bien que l’utilisation de gros leurres souples soit possible, j’utilise plus fréquemment des leurres compris entre 12 et 20cm de type shad, ayant un pédoncule caudal fin ou segmenté et une large queue, produisant de grosses vibrations même à faible vitesse de traction avec des têtes plombées de 30 à 80g.
Les leurres souples de type grub et twist fonctionnent également très bien pour cette technique.
Un petit conseil, restez toujours concentré lorsque vous pêchez en verticale, car bien que cette pêche se pratique lentement, les touches quant à elles sont souvent très rapides et violentes.

  • La pêche au lipless et lames vibrantes

Elles fonctionnent aussi bien en poste fixe (bateau ancré), qu’en dérive en pêchant en linéaire ou en verticale (préférence pour la verticale).
C’est une pêche qui déclenche très rapidement l’intérêt des poissons actifs.
Les ondes sonores émises par ces leurres sont très efficaces sur les silures.
Lors de pêche sur des secteurs ou la présence de silure est visible à l’échosondeur, mais qu’aucun ne semble vouloir s’intéresser à mes montages aux appâts (vers, poisson,…), je refais une dérive au lipless ou à la lame vibrante.
Souvent le ou les poissons les plus actifs viennent prendre mon leurre.
Il m’arrive pour accentuer encore plus son efficacité sur certain modèle (lame vibrante), que je rajoute des vers sur les triples.

  • La pêche au fireball

Plus contraignante que la pêche aux leurres, nécessite l’utilisation de vifs et si possible de belle taille (voir la vidéo sur www.pêche-T.V pêche du silure en float-tube en Tarn-et-Garonne).
Elle est cependant très captivante et très efficace.
Elle se pratique en dérive en verticale.
Le but étant de faire pêcher son fireball en suivant le relief du fond.
Afin que le vif utilisé puisse rester vivant le plus longtemps possible et bien vigoureux, il faut éviter alors de donner trop d’à-coups sur le montage et l’accompagner en freinant la tresse lors de sa descente.
Dès que le contact est pris sur le fond, il suffit de récupérer quelques centimètres de la ligne pour décoller le montage et commencer sa dérive.
C’est une très bonne pêche de prospection pouvant permettre la capture de très gros poissons, mais attention à la touche, laissez-lui bien le temps de se saisir du montage avant de ferrer (j’aime prendre des contacts légers, mais ressentir le déplacement lourd et continu de la ligne signature de gros fish).
L’utilisation de poissons morts est possible, mais à l’inverse du vif, il faudra lui donner vie en l’animant.
Le grammage du fireball est surtout lié à la grosseur et la vivacité du vif utilisé.
Il faut un plomb suffisamment portant pour le brider mais pas trop lourd non plus afin que celui-ci ne s’épuise pas trop rapidement et reste inactif derrière le fireball. J’utilise le plus souvent une gamme de fireball compris entre 60 et 200g pour des vifs de 200 à 800g.
Actuellement mon record sur cette technique est de 2.36m, pratiquée en float-tube.

  • La pêche à soutenir

Celle-ci peut se réaliser en poste fixe (bateau ancré), au dessus d’un embâcle ou encore d’une fosse mais je préfère l’utiliser en dérive.
Ce montage est lesté d’un plomb avec ou sans jupe dessus, munie d’une tresse de gros diamètre traversant le plomb et reliée quelques centimètres plus bas à un triple, ou l’on dispose nos appâts (vers canadiens, tripes, mollusques, lamelle de seiche/encornet,…).
Il suffit durant la dérive, d’actionner son plomb par des petits mouvements de haut en bas, afin de créer un effet ondulatoire (façon Octopus) sur nos appâts et sur la jupe du plomb, dans le cas où il en serait muni.
Cette pêche est très forte en sensation, car elle permet de ferrer le poisson à la main dans le cas ou vous animez le montage tresse en main, et non avec la canne. L’utilisation du clonk, pour cette technique peut s’avérer un avantage certain.
Une fois le montage installé dans l’eau et visible sur l’écho, clonker 3, 4 fois toutes les 30 secondes (environ), et voyez si un silure se manifeste et prend en chasse votre montage, si tel est le cas le ferrage ne tardera pas.
Mais attention, bien que le clonk ait pour but de faire réagir le silure en le faisant remonter vers l’onde sonore émise, il peut également avoir un effet inverse et le faire fuir. Veillez à bien regarder son comportement sur l’écran de l’échosondeur, afin de poursuivre ou d’arrêter de clonker.
Certains montages sans jupe et avec une empile un peu plus longue, peuvent être utilisés avec un vif.
Il suffira juste de le maintenir à l’aplomb sous la canne, à la profondeur désirée en fixe ou en dérive.

  • La pêche à roder

Cette technique vieille comme le monde est le B.A-BA de la pêche.
Comme pour la plupart des techniques utilisées pour la pêche du silure, le changement s’effectue principalement sur le matériel utilisé qui doit être adapté, alors que les techniques de pêche en-soi restent approximativement les mêmes que pour la pêche d’autres poissons (carnassiers et cyprinidés).
A l’aide d’une ligne munie d’un flotteur, bateau ancré ou en dérive, faites roder votre montage à la profondeur désirée avec l’appât de votre choix (vif, mort, vers, tripes,…). Elle offre plusieurs avantages, le fait de pouvoir la laisser pêcher seule afin de pratiquer une autre technique en même temps, d’aborder des postes avec la plus grande discrétion en laissant le montage dériver même à grande distance de l’embarcation.
Pour info cette technique m’a permis la capture d’un silure de 2.45m, qui se trouve être à ce jour mon record personnel.

Je vous propose donc de découvrir ces différentes techniques (et d’autres), lors de nos futures sorties de pêche au silure en bateau ou en float-tube.